Une puce cérébrale, remboursée par les assurances santé locales ? C'est ce que propose désormais la Chine, coupant l'herbe sous le pied d'Elon Musk, avec une puce moins invasive.

La Chine coupe l'herbe sous le pied d'Elon Musl avec une puce moins invasive. ©Kemarrravv13 / Shutterstock
La Chine coupe l'herbe sous le pied d'Elon Musl avec une puce moins invasive. ©Kemarrravv13 / Shutterstock

La course aux interfaces cerveau-ordinateur s'intensifie. La Chine vient de franchir une étape concrète que ses concurrents américains n'ont pas encore atteinte. Le pays voit sur son marché, une puce cérébrale commercialement approuvée et intégrée au système de santé public.

Une approche moins invasive que Neuralink

L'implant en question s'appelle NEO. Il a été développé par la société chinoise Neuracle et vient d'obtenir l'approbation de la NMPA, l'agence nationale chinoise chargée de la réglementation des produits médicaux. L'appareil est conçu pour aider les personnes paralysées à la suite de lésions de la moelle épinière à retrouver une certaine mobilité.

Sur le plan technique, NEO fonctionne différemment de Neuralink. Là où la société d'Elon Musk implante des fils d'électrodes directement dans le tissu cérébral, une procédure qui nécessite de percer le crâne, NEO place huit capteurs sur la dure-mère, la membrane externe qui entoure le cerveau, sans la traverser. Ces capteurs captent les signaux neuronaux de l'utilisateur et les transmettent à un gant robotisé, qui traduit ces signaux en mouvements.

Les puces cérébrales ne sont plus un fantasme futuriste. ©Kittyfly / Shutterstock
Les puces cérébrales ne sont plus un fantasme futuriste. ©Kittyfly / Shutterstock

Cette différence d'approche n'est pas anodine. Elle touche à des questions centrales dans le domaine des interfaces cerveau-ordinateur, le degré d'invasivité de la procédure, la qualité du signal capté, et la facilité d'obtenir une approbation réglementaire. En évitant de pénétrer la dure-mère, Neuracle réduit les risques chirurgicaux, ce qui peut faciliter l'adoption par les établissements de santé et accélérer les démarches auprès des autorités sanitaires.

Neuralink, des ambitions larges mais un calendrier flou

De son côté, Neuralink poursuit des objectifs plus ambitieux sur le long terme : amélioration cognitive, interaction directe entre le cerveau humain et l'intelligence artificielle, ou encore restauration de la parole. La société a obtenu quelques résultats notables lors de ses premières démonstrations, notamment en permettant à des singes de contrôler un jeu vidéo par la pensée. Elle a également commencé des essais sur des patients humains.

Mais Neuralink se heurte toujours à des obstacles réglementaires aux États-Unis. La société a récemment recruté des lobbyistes fédéraux pour faire avancer ses dossiers. On imagine donc les difficultés que rencontre l'entreprise pour commercialiser son produit sur le marché américain. Son modèle repose sur une technologie plus invasive, ce qui complique une approbation large et une adoption clinique à grande échelle.

Un marché juteux

Neuralink et Neuracle ne sont pas les seuls acteurs de ce secteur. Synchron, dont le siège se trouve à Brooklyn, a développé le Stentrode, un dispositif implantable dans un vaisseau sanguin, sans pénétrer le tissu cérébral. Bien qu'il n'ait pas encore reçu d'approbation commerciale complète, cette méthode est généralement considérée comme moins risquée, ce qui pourrait lui ouvrir plus facilement les portes des régulateurs.

Sam Altman en embuscade, travaille également sur une puce cérébrale. ©FotoField / Shutterstock

De son côté, Sam Altman travaille avec sa société OpenAI, pour proposer une puce cérébrale.

Source : BGR